Appel relatif à l'ex-Yougoslavie

Retour au sommaire - BIPP n° 3 - 1995

L’A.F.P.E.P. s’est officiellement associée à l’Association Française de Psychiatrie pour l’envoi de cette lettre à Mr J.R. GOLDSTONE, Procureur du Tribunal International chargé de poursuivre les personnes présumées responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l’ex-Yougoslavie depuis 1991.

Voici le texte écrit par Jean-Jacques KRESS, Simon-Daniel KIPMAN et Christian VASSEUR :

Nous proposons d’être entendus par votre autorité, en vertu de la procédure de l’Amicus Curiae, lors des procès où sera abordée la question des relations entre l’épuration ethnique et la psychiatrie.

L’Association Française de Psychiatrie 0est profondément émue par les tragédies que s’infligent les belligérants en ex-Yougoslavie, mais certainement encore plus sensibilisée par le fait que certains organisateurs puissent en être des psychiatres dont le comportement est en opposition complète avec le fondement humaniste de la médecine, et dont le corps médical international a déjà condamné les actions. S’agissant de psychiatres (Jovan Raskovic décédé en 1992, et son successeur Radovan Karadzic), nous avons été attentifs à leur démarche intellectuelle. C’est pourquoi, depuis juin 1994, nous avons constitué un groupe de neuf experts qui travaillent sur des textes, des articles de presse et des témoignages venant de Bosnie et les concernant. Nous avons acquis la certitude que les données scientifiques médicales, psychiatriques et psychanalytiques qu’ils utilisent ont non seulement été détournées de leur but, le soin pour l’homme et son progrès, mais aussi déformées et utilisées à des fins nationalistes et raciales de destruction.

C’est pourquoi nous souhaitons être entendus par vous, afin de dire ce qui ne peut pas être la psychiatrie et comment, non seulement ses bases scientifiques mais aussi son fondement humaniste, ont pu être pervertis de leurs buts.

Nous vous remercions de prendre en considération notre demande, et vous prions d’agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de nos sentiments respectueux.


Retour au sommaire - BIPP n° 3 - 1995