L'A.F.P.E.P. à la W.P.A.

Antoine Besse
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De Melbourne à Prague via Paris

Le congrès européen de la WPA prévu du 6 au 9 février 2008 à Paris a dû être annulé en raison du retrait unilatéral de l’organisme privé qui était en charge de son secrétariat et de son organisation économique (recueil des sponsors et des inscriptions ainsi que des tâches administratives et de secrétariat).

Après l'énorme déception de cette annulation et la partie de bras de fer qu'il a fallu soutenir face à cet organisateur défaillant en cette fin d'automne, une forme alternative de congrès a été mise en place.

Il s'est agi là de remédier à cet abandon vis-à-vis des collègues venant de diverses parties de la planète et ayant déjà organisé leur déplacement.

Mais surtout nous voulions soutenir la dynamique initiée de par le monde par le programme triennal de la présidence de Juan Mezzich qui rappelle les valeurs d'une psychiatrie centrée sur la personne (IPPP : Institutional Program on Psychiatry for the Person) et luttant contre l'EBM en psychiatrie.

La première réunion des cinq représentants régionaux européens WPA a été un temps fort de ces journées. Elle a permis des échanges sur les problèmes des psychiatries de chaque zone européenne et des différentes politiques en ce qui concerne la psychiatrie en Europe. Enfin une réunion des différentes sections de la WPA a montré l’investissement des Européens qui s'y sont impliqués.

En ce qui concerne la présence de l'AFPEP, Jean-Jacques Laboutière a présenté le travail en cours sur l’étude clinique et l’importance des travaux de recherche basés sur les pratiques dans sa conférence : « Guideline for Person-centered Clinical Care » (Recommandation pour les soins cliniques centrés sur la personne). J’intervenais dans une table ronde passant en revue les différentes politiques dans les différentes zones de l’Europe. Sont également intervenues les quatre autres associations françaises membres de la WPA avec lesquelles nous avons organisé ce congrès alternatif.

Finalement, 70 intervenants du monde entier ont présenté leurs travaux sur le thème de la psychiatrie de la personne en présence du représentant de l’OMS pour la psychiatrie en Europe et du bureau exécutif de la WPA. L’amphithéâtre prêté par l’hôpital Saint-Anne a permis d’accueillir plus de deux cents psychiatres.

La veille nous avions emmené nos hôtes étrangers visiter les lieux historiques de la psychiatrie : Bicêtre où Pinel libéra les aliénés de leurs chaînes, La Salpêtrière et la bibliothèque de Charcot et Saint Anne où la WPA a vu le jour dans sa bibliothèque avec Jean Delay et Henri Ey.

La surprise de nos invités a été grande de nous voir organiser ce congrès sans l’aide de l’industrie. Cette dimension a été également saluée par eux comme un point fort, eu égard aux développements à venir dans les pays émergents.

Ce congrès alternatif aura permis aux cinq associations françaises membres de la WPA de s’unir en une association et ainsi constituer une force de proposition incontournable au niveau international et continuer à l’avenir nos actions au sein de la WPA.

Au prochain Congrès Mondial, à Prague du 20 au 25 septembre 2008 (Science and Humanism : for a Person-centered Psychiatry), l’AFPEP présentera un symposium sur « la recherche clinique de l’AFPEP », contribuant à illustrer le courant de Psychiatrie de la Personne sur son versant des praticiens de terrain.

Antoine Besse
Saint-Germain-en-Laye

 


Le Symposium proposé par l’AFPEP à Prague
sera présidé par Patrice Charbit et co-présidé par Sofiane Zribi (secrétaire général d’ALFAPSY) :

Psychiatry for the person : an ethic investment

Son argument est clair :

Cent psychiatres français ont témoigné de leurs pratiques au travers de vignettes cliniques qu’ils ont considérées exemplaires de situations critiques et inhabituelles.

Au-delà des protocoles ou des options théoriques, la réappropriation par le praticien de l’outil thérapeutique, l’élaboration singulière d’un « contrat de soins », le rapport du sujet à son symptôme, se révèlent être des éléments clefs du processus à l’œuvre. Adaptation et inventivité sont dès lors au centre d’une « psychiatrie pour la personne ».

Cette étude, pointant l’engagement du praticien, insistant sur la réinterprétation de toute technique, tente une mesure de l’éthique de l’acte psychiatrique.


Intervenants :
Chantal Jacquié :
Is there another way of thinking Psychiatry ?
Marie-Lise Lacas : Is Science harmful for patients ?
Anne Rosenberg : Therapeutic repercussions of an unusual intervention during the course of treatment.
Claude Gernez : Singularity : conceptualization of a practice beyond ethics theory.


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